Pourquoi la Nouvelle Culture est efficace ?

La bannière de la Nouvelle Culture

Parce ce qu’elle étudie les rapports humains à leur niveau le plus précis, en observant les échanges les plus élémentaires, les séquences ici et maintenant sans jamais faire appel à aucun concept, ni aucune opinion, sans généraliser, ni juger ce qui se passe.

Parce qu’elle étudie les échanges de paroles et de comportements comme le mécanicien étudie les échanges entre les différentes pièces de sa machine, qu’il sait en reconnaître les bruits anormaux, et qu’il sait comment y remédier.
Parce qu’elle bannit dans ses observations comme dans ses analyses toute forme de concepts, au profit d’une vision plus fine des mouvements comportementaux et cognitifs des personnes en relation.

Parce qu’elle est capable dans toute observation de voir ce que les autres méthodes cachent avec leur verbiages intellectuels issus des théories fumeuses de la psychologie, ou de la sociologie, reprises par la publicité et autres cabinets de communication.
Parce qu’elle a une vision globale et non pas analytique, une vision non-aristotélicienne, en accord avec les découvertes scientifiques de ce dernier siècle, appliquées à la relation humaine.

Parce qu’elle fait de ses apprenants et pratiquants la méthode des personnes toujours à l’aise dans n’importe quelle situation, parce que percevant ce que les autres ne voient pas, et maniant les éléments constitutifs de tout échange avec dextérité.
Parce qu’elle permet à ses praticiens de parler un langage connu d’eux seuls, supprimant toute forme de malentendu, toute forme de conflit, toute forme de maladresse relationnelle.

On pourrait aller jusqu’à dire en empruntant au langage habituel, parce qu’elle rend heureux tout simplement.

Je pourrais vous en dire encore bien des pages mais je préfère vous donner quelques exemples vécus des bienfaits de la Nouvelle Culture.
Mais avant cela précisons qu’on n’est pas obligé de pratiquer tout le temps mais seulement quand nous sommes dans une relation à enjeu, sinon avec nos amis et ceux qu’on aime, on peut se laisser aller au langage et aux comportement dits naturels appris depuis l’enfance et difficile à déraciner.

Premier exemple vécu : deux de mes stagiaires au cours du déjeuner parlaient de leurs enfants. Lui, un homme d’âge mûr disait cette pensée profonde que les enfants devaient manger tout ce qu’ils ont dans leurs assiettes et elle plus jeunes disait que non, il fallait les autoriser à ne pas finir les plats. Et très vite la discussion s’est échauffée et elle l’a traité de facho et lui d’inconsciente qui allait faire de ces enfants des petites pestes gâtées…etc Les spectateurs tous stagiaires n’étaient pas assez avancés dans la méthode pour intervenir efficacement. Certains même commençaient à prendre partie.

C’est à ce moment que je suis intervenu simplement en leur demandant : « Mais quel âge ont vos enfants ? ». Il a dit que c’étaient de grands adolescents et elle de des tous petits.

Le conflit s’est arrêté net et la suite des échanges fut :
Lui : évidement moi aussi quand ils étaient petits…
Elle : et moi quand ils seront grands et assez pour savoir leur faim… je ferai comme toi.
Bref ils étaient d’accord. Combien  de conflits naissent d’une méconnaissance de l’environnement de ce qu’on dit ou fait ? Il suffit de faire parler l’autre suffisamment pour connaitre sa situation et ne pas rester au niveau des paroles et des opinions.
Cette technique s’appelle chez nous : détailler les propos ou partitionner les concepts. C’est aussi une application du principe de la Sémantique Générale appelé couramment : Les cartes et le Territoire. Une carte n’est pas le Territoire et : Le mot n’est pas la chose, sur lequel nous reviendrons tout au long de nos cours.

Deuxième exemple vécu : encore une histoire de stagiaire. Un cadre d’une grande entreprise, lui-même formateur, se plaignant que lors d’une réunion mensuelle entre amis, un d’eux se moquait de lui à chaque fois, car son métier était d’aller voir en France comment travaillait les commerciaux. Il lui disait : « Toi tu te promènes, tu parles d’un travail ! » et à chaque fois il tentait de se défendre, et d’expliquer que c’était en fait un vrai travail difficile, ce qui provoquait l’hilarité du groupe. Il ne savait plus quoi faire. Je lui ai dit de faire ceci : à la réunion suivante, quand tout le monde est arrivé, tu dis à la cantonade : « Salut les amis il faut que vous raconte comment je me suis bien amusé ce mois-ci au cours de mes balades en France ce mois-ci…  etc. ». Il a fait cela et m’a raconté : « Les amis furent surpris et le silence a été assez long, puis celui qui me tançait à chaque fois a exprimé qu’il ne voulait pas dire que j’étais inutile…etc ». Et, depuis, plus personne ne l’a embêté avec son métier, bien au contraire ils se sont mis à s’intéresser à lui avec un respect tout nouveau.

Magie ! Que nenni ! Simplement il a usé d’un stratagème bien connu appelé : la ponctuation de la relation, il a changé le sens de la communication. Car, le sens d’une séquence de communication dépend, en grande partie, de la façon dont on la ponctue. En fait, sans le savoir ce stagiaire a modifié la vision de ses amis grâce à plusieurs outils : la ponctuation comme on vient de la voir qui inverse le sens des propos échangés, il prend le pouvoir sur ses amis, il devient celui qui agit et non plus celui qui réagit, il se sert du principe de réciprocité qui nous pousse à répondre en écho à ce que nous disent ou font les autres et qui a été rompu par ce stratagème…

En remplaçant la séquence : moquerie ð explication défensive par explication ð Excuses, il a changé complètement la nature de la séquence. En même temps il a utilisé un principe appelé : le recadrage qui permet de changer le sens d’un événement, d’un mot ou d’une expression tout simplement en changeant le cadre dans lequel ces éléments figurent. Le recadrage est utilisé dans notre jeu en ligne : Polemios, il est très puissant pour changer les relations mais difficile à utiliser à bon escient.

Troisième exemple vécu : au début de ma carrière, alors que je travaillais encore dans une société de publicité, j’étais responsable de tous les entretiens (on disait enquêtes) pour les études marketing, aussi bien par téléphone que dans la rue ou en porte à porte. Alors que je recrutais une petite équipe pour aller interviewer des gens sur un marché d’une ville du Nord, je vois arriver une jeune fille, fort jolie mais timide comme ce n’était pas permis. Elle n’osait pas me regarder et préférait contempler ses chaussures. Elle me dit qu’elle voulait faire des enquêtes mais que personne ne voulait l’employer à cause de sa timidité. Je lui dis : « OK moi je vous prends tout de suite, et je vous emmène faire des enquêtes sur le marché de L. demain. OK ? ». Après un début difficile, elle réussit fort bien au point qu’au bout d’un mois elle était la meilleure de la troupe et qu’elle prenait les entretiens les plus difficiles.
Cela illustre aussi une forme de recadrage, et le fait que le mot timide qui lui collait dans l’esprit et dans celui qui la fréquentaient, devenait réalité parce qu’elle y croyait. Mais le mot n’est pas la chose et la méthode pour changer ce genre de problème n’est pas d’expliquer, de réconforter, mais de faire faire d’abord jusqu’à ce que la personne réussisse et ensuite ça coule de source : si elle réussit, elle devient plus sûre d’elle… et le tour est joué.

Cela illustre notre axiome central, issu lui aussi de la Sémantique Générale qui dit que la réalité en soi n’existe pas. Personne n’est en soi timide, ce n’est qu’une croyance. Et cela montre un des fondements de notre méthode qui prend le contrepied des croyances habituelles selon lesquelles pour faire changer quelqu’un il faut d’abord lui expliquer et argumenter pour le convaincre et lui donner envie de changer et ensuite seulement lui faire faire des exercices, alors que la solution efficace et plus rapide,  à l’inverse,  commence par faire faire à l’autre ce dont il ne se croit pas capable jusqu’à ce qu’il réussisse, et ensuite a-t-on encore besoin de le convaincre ? Nous disons que nous ne pouvons convaincre personne avec des mots, sinon ceux qui le sont déjà.

En fait la grande découverte que nous délivre la Nouvelle Culture est l’idée fondamentale qu’avec des concepts, des opinions et des jugements, on ne peut résoudre aucun problème concret. C’est là le fil conducteur de tous nos travaux. Donc, la pratique la plus importante n’est plus de savoir jouer avec des concepts comme on apprend à l’Université ou dans les grandes écoles, machine à fabriquer des estropiés de la vie, mais diplômés, mais dans les rouages des relations quotidiennes.

Pierre RAYNAUD
Author: Pierre RAYNAUD

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